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09 September 2026
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À Pakouabo, l'une des Sous-préfectures de la côte d'ivoire située dans la région de la Marahoué, le secteur de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) passe un nouveau cap vers une gouvernance davantage concertée. La localité a accueilli, le mercredi 9 septembre 2026, la réunion consacrée à la mise en place du Comité technique local (CTL) de Bouaflé, réunissant autour d’une même table les acteurs administratifs, sécuritaires, coutumiers, miniers et communautaires.
Organisée par le projet planetGOLD Côte d’Ivoire, sous la supervision du Ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique, cette rencontre avait pour principal objectif de soutenir la mise en place et l’opérationnalisation du CTL de Bouaflé, tout en renforçant la coordination entre les différentes parties prenantes.
Au-delà de l’installation d’une nouvelle instance, l’enjeu est de créer un cadre local capable de favoriser le dialogue, la coordination et le suivi des actions liées à l’EMAPE. L’approche s’inscrit également dans une dynamique de capitalisation des expériences nationales en matière de gouvernance et d’encadrement du secteur.
Présidant la rencontre, le Préfet de la région de la Marahoué, Préfet du département de Bouaflé, a salué l’initiative du projet planetGOLD Côte d’Ivoire, qu’il considère comme une réponse aux besoins de l’État dans l’encadrement du secteur minier artisanal.
Selon lui, le projet vient notamment en appui aux efforts de l’État pour une meilleure régulation de l’EMAPE en Côte d’Ivoire.
Le Préfet a également tiré la sonnette d’alarme face à la dégradation des écosystèmes imputable à l’orpaillage illégal et à l’utilisation de produits chimiques dangereux, notamment le mercure.
Face à cette situation, il a appelé les chefs de villages et les propriétaires terriens à davantage de responsabilité et à accompagner les pouvoirs publics dans la lutte contre l’orpaillage illicite.
Un appel qui traduit la nécessité d’une mobilisation qui dépasse le seul cadre administratif. Car, pour préserver les ressources naturelles et les terres, la lutte contre les pratiques minières illégales apparaît désormais comme une responsabilité partagée.
Plus de 30 % du territoire affecté par l’orpaillage non encadré.
La situation dans la région de la Marahoué donne une résonance particulière à la mise en place du CTL.
Prenant la parole, le Directeur régional des Mines de la Marahoué a révélé que plus de 30 % du territoire régional serait affecté par l’orpaillage non encadré.
Pour lui, la création du CTL constitue donc une avancée majeure, puisqu’elle permet d’impliquer davantage les acteurs locaux dans la vision portée par l’État pour un secteur de l’EMAPE plus responsable.
« La venue du CTL nous réjouit le cœur, car il vient impliquer tous les acteurs locaux dans la vision de l’État, celle de faire de l’EMAPE un secteur plus responsable », a-t-il indiqué.
Le Directeur régional des Mines a par ailleurs insisté sur la possibilité de pratiquer une exploitation minière artisanale légale et responsable, tout en appelant à une tolérance zéro face à l’orpaillage illégal.
Un comité appelé à produire des résultats
La rencontre a été également marquée par la présentation officielle du comité de pilotage du CTL de Bouaflé.
Le Préfet de la région de la Marahoué, appelé à conduire cette instance, a exhorté les membres désignés à faire preuve d’engagement et à mettre tout en œuvre afin d’obtenir des résultats concrets dès les premiers mois de leur prise de fonction.
Cette exigence de résultats traduit la volonté de faire du CTL non pas une instance supplémentaire, mais un véritable outil de coordination et d’action au niveau local.
Autre temps fort de la rencontre : la présentation du modèle de l’approche juridictionnelle et paysagère, assurée par le consultant EBA, mis en mission par le Centre Africain pour la Santé Environnementale.
Cette approche repose sur une vision intégrée de la gouvernance de l’EMAPE. Elle consiste à ne pas considérer les problématiques minières de manière isolée, mais à les inscrire dans une dynamique territoriale impliquant l’ensemble des acteurs et prenant en compte les réalités économiques, sociales, environnementales et institutionnelles d’un territoire.
À l’échelle juridictionnelle, l’approche favorise notamment une meilleure coordination entre les autorités et services compétents intervenant sur un même territoire. La dimension paysagère permet, quant à elle, d’appréhender simultanément les effets de l’activité minière sur les terres, les ressources naturelles, les communautés et les autres activités économiques.
L’objectif est ainsi de favoriser une exploitation de l’or davantage responsable, légale et respectueuse de l’environnement, tout en améliorant la collaboration entre les acteurs.
Une responsabilité désormais partagée
La rencontre de Pakouabo aura finalement permis de poser les bases d’une nouvelle dynamique locale autour de l’EMAPE à Bouaflé.
Autour du Préfet et des membres du CTL se sont retrouvés le corps préfectoral, les forces de sécurité, les autorités coutumières, les acteurs de l’EMAPE ainsi que les communautés locales, témoignant de la nécessité d’une réponse collective face aux défis du secteur.
La mise en place du CTL de Bouaflé marque ainsi le début d’un nouveau chapitre pour la gouvernance de l’exploitation minière artisanale dans la Marahoué. Reste désormais à transformer cette volonté commune en actions concrètes sur le terrain.
Car si l’or continue de représenter une opportunité économique pour de nombreuses communautés, son exploitation ne saurait se faire au prix de la destruction des terres, de la pollution des ressources et de la fragilisation des générations futures. À Bouaflé, l’ambition est désormais claire : faire de la richesse minière un levier de développement, et non une menace pour le territoire.
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