Le projet planetGOLD CI à Pakouabo : les parties prenantes du secteur de l’EMAPE autour de la question du financement de l’exploitation minère et des technologies sans mercure

Le projet planetGOLD CI à Pakouabo : les parties prenantes du secteur de l’EMAPE autour de la question du financement de l’exploitation minère et des technologies sans mercure

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11 September 2026

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Les acteurs du secteur de l'EMAPE ont été invités à dépasser le constat des difficultés pour s’intéresser aux solutions concrètes susceptibles de rendre l’activité plus formelle, plus rentable et plus respectueuse de l’environnement.

C’est tout l’enjeu de l’Atelier annuel des Parties Prenantes 2026 du projet planetGOLD Côte d’Ivoire, organisé le jeudi 10 septembre dans la salle de réunion de la Sous-préfecture de Pakouabo.

Réunis autour du thème « Vers une exploitation aurifère sans mercure et inclusive : renforcer la transition écologique et l’accès aux services financiers pour les communautés du secteur de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle (EMAPE) de l’or », représentants de l’administration, collectivités territoriales, communautés minières, coopératives, institutions financières, compagnies minières, équipementiers, universitaires, société civile et médias ont confronté leurs expériences et leurs attentes.

L’objectif : identifier les conditions permettant aux acteurs de l’EMAPE de franchir un nouveau cap dans la professionnalisation de leur activité.

Au cœur des échanges, une question s’est imposée : comment permettre aux coopératives et aux exploitants de disposer des équipements nécessaires à une exploitation plus performante sans que le coût de ces investissements ne constitue un obstacle ?

Le leasing d’équipements a ainsi été présenté comme une piste alternative de financement pour les coopératives de l’EMAPE. Une solution qui pourrait faciliter l’acquisition d’équipements modernes tout en limitant la pression financière liée à un investissement initial important.

Cette problématique a été mise en perspective avec celle de la rentabilité des technologies sans mercure. Sous le thème « Rentabilité des technologies sans mercure – Investir pour gagner plus », les échanges ont cherché à déconstruire l’idée selon laquelle une exploitation débarrassée du mercure serait nécessairement plus coûteuse ou moins rentable.

Les interventions de représentants du secteur financier et de l’EMAPE, notamment Activa Assurances, Atlanta Assurances, Koss Technologie SARL et le Docteur Keita Moussa, ainsi que les experts de l’ONG IMPACT, ont permis de mettre en évidence un enjeu central : l’accès au financement est intimement lié à la capacité des acteurs à structurer leur activité.

Pour les professionnels du secteur, la formalisation, la traçabilité, la transparence dans la gestion et la formation constituent autant de garanties susceptibles de renforcer la crédibilité des acteurs auprès des partenaires financiers.

« Quand l’activité évolue, il faut accepter de passer à une étape supérieure ».Cette nécessité de changement a été soulignée par le Président du Comité de pilotage du projet planetGOLD Côte d’Ivoire, Dr Franck Aimé Esso.

L’enjeu, selon lui, n’est pas de condamner l’activité aurifère artisanale, qui représente une source de revenus pour de nombreuses communautés, mais d’accompagner son évolution.

Il s’agit notamment d’amener les acteurs à comprendre que certaines pratiques peuvent devenir des freins à leur développement et, surtout, à leur accès aux financements.

Cette évolution passe par une meilleure organisation du secteur, une traçabilité efficace de la production, davantage de transparence et un renforcement des compétences des acteurs.

Autrement dit, la transition vers une EMAPE responsable ne relève pas uniquement d’une exigence environnementale : elle constitue également un enjeu économique.

À Pakouabo, les discussions n’ont toutefois pas occulté les conséquences des pratiques qui fragilisent encore le secteur.

Le creusage anarchique et l’utilisation du mercure dans certains procédés de récupération de l’or ont été identifiés parmi les facteurs susceptibles d’aggraver les impacts de l’activité minière sur les écosystèmes et la santé humaine.

Une préoccupation qui dépasse le seul cadre des communautés minières.

Directeur du Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL), le Professeur Yapo Ossey a appelé les acteurs à davantage de responsabilité dans l’exercice de leurs activités, avec une préoccupation particulière pour les générations futures.

L’exploitation de l’or ne devrait donc pas se traduire par la destruction irréversible des ressources naturelles dont dépendent les communautés.

Pakouabo, un territoire pour expérimenter une autre approche

Le choix de Pakouabo pour accueillir cette rencontre n’est pas anodin.

La zone de Bouaflé figure parmi les territoires d’intervention de planetGOLD Côte d’Ivoire et constitue un espace de mise en œuvre de l’Approche Juridictionnelle et Paysagère, destinée à renforcer la coordination des acteurs intervenant sur un même territoire autour des enjeux liés à l’EMAPE et à la gestion durable des ressources.

Pour le Sous-préfet de Pakouabo, M. Gbadeu Sigbeu Donatien, représentant le Préfet de la région de la Marahoué, Préfet du département de Bouaflé, cette mobilisation constitue une opportunité pour la localité.

Il a salué le choix porté sur Pakouabo et invité les populations à saisir cette dynamique pour contribuer à l’assainissement de l’activité minière dans la zone, avec l’ambition de faire de la localité un exemple pour les territoires environnants.

Cette dimension territoriale donne ainsi une portée particulière aux échanges. Il ne s’agit plus uniquement de réfléchir aux politiques publiques depuis les centres de décision, mais de les confronter aux réalités vécues sur les sites miniers.

À travers cet atelier, planetGOLD Côte d’Ivoire entend donc faire évoluer le débat sur l’EMAPE.

La question n’est plus seulement de savoir comment réduire l’utilisation du mercure, mais également comment créer les conditions économiques, techniques et institutionnelles permettant aux acteurs de s’en passer durablement.

Car une technologie sans mercure ne peut être adoptée à grande échelle si les exploitants n’ont pas accès aux équipements, aux compétences, au financement et à un environnement réglementaire favorable.

De même, l’accès au financement restera difficile si les activités demeurent peu structurées, difficilement traçables ou insuffisamment transparentes.

C’est donc une transformation globale du modèle qui se dessine : formaliser, financer, équiper, former et produire de manière plus responsable.

Dans un contexte où la lutte contre l’exploitation clandestine de l’or demeure un enjeu majeur pour la protection des ressources naturelles et des moyens de subsistance des populations, le développement d’une EMAPE formelle et responsable apparaît comme une voie complémentaire.

À travers cet atelier,  les parties prenantes ont ainsi posé les bases d’un dialogue qui devra désormais se traduire par des actions concrètes sur le terrain.

Pour planetGOLD Côte d’Ivoire, l’ambition reste de favoriser l’émergence d’un secteur aurifère artisanal et à petite échelle plus formel, plus sûr, plus inclusif, économiquement viable et progressivement débarrassé du mercure.

Un changement qui, au-delà des seuls acteurs miniers, engage l’ensemble des parties prenantes autour d’un même défi : faire de l’or une source de développement sans en faire payer le prix à la santé des populations et à l’environnement.

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